1966 est l’année ou Algirdas Julien Greimas a publié son célèbre livre La Sémantique Structurale qui se considère comme la base initiale d’une école nommée « l’Ecole de Paris ». Et bien que le titre du livre renvoie à la problématique de la sémantique et les moyens avec lesquels elle est étudiée, il présente, en effet, un programme théorique d’un courant Sémiotique qui s’intitule la Sémiotique Narrative.


  1. La Narrativité dans le film : « THE SHAWSHANK REDEMPTION »
  2. LA SEMIOTIQUE GREIMASSIENNE, PRESENTATION THEORIQUE
  3. Schéma actantiel et schéma narratif
  4. Chapitre deuxième : la composante discursive et Le carré sémiotique
  5. Section II : La composante Discursive
  6. L’ANALYSE SEMIOTIQUE : APPLICATION SUR LE FILM « THE SHAWSHANK REDEMPTION » (LES EVADES)
  7. Chapitre deuxième: Structure profonde
  8. Conclusion


      Ce modèle connait aux années soixante-dix une large propagation en France et dans beaucoup d’autres pays.aux années suivantes, Greimas publiera un ensemble de livres ou il a essayé de raffiner et de modifier son modèle théorique. De ces livres, on cite : Du Sens I, Du Sens II et son Dictionnaire Sémiotique[1]écrit en collaboration avec ces livres et d’autres, Greimas a jeté les bases d’un grand courant connu par son excellente approche des textes narratifs.

      Lors du colloque intitulé « Greimas aujourd’hui, Du sens et des langages » qui a eu lieu les 22 et 23 Novembre 2016, Mr. Benmsila affirme en définissant la sémiotique que c’est un style de vie. L’interprétation d’un tel énoncé peut nous conduire à bien comprendre que la sémiotique n’est pas seulement une liste de concepts et de règles , mais aussi une manière de vivre et de voir les choses.
      Nous allons présenter, alors, comment la sémiotique est pratiquée dans le cadre de l’Ecole de Paris. Comment étudie-t-elle les systèmes de signification ? Beaucoup de travaux ont été faits sur cette problématique et ont été une mise à l’épreuve de la théorie greimassienne. Cela nous a conduit, en fait, à choisir de continuer sur les mêmes pas et travailler sur un film américain « The Shawshank Redemption » ou « Les Evadés » en français qui a connu un grand succès, ce qui le me au centre de beaucoup d’analyses et de critiques, mais qui étaient toujours des analyses sémiologiques et non pas sémiotiques.
      Pour aborder notre problématique, nous étudierons dans un premier temps les principes et les niveaux d’analyse de la sémiotique. Puis, dans un deuxième temps nous présenterons les composantes narrative et discursive, pour finir par une deuxième partie dans laquelle nous appliquons cette théorie sur notre corpus choisi.

PRELIMINAIRES :


      La sémiotique est, selon les divers dictionnaires de langue, la science qui étudie les signes que la défini Greimas[2], Todorov[3], J. Kristeva[4], J. Dubois[5]et Josette Rey-Debove[6].
      La sémiotique a connu une double naissance comme la décrit Marcelo Dascal. Une naissance européenne avec F. de Saussure et américaine avec Charles S. Pierce. Le premier a prédit la naissance d’une nouvelle science qui étudiera les signes[7]. Pierce, simultanément, était occupé de mettre en évidence les caractéristiques de cette nouvelle science.
      Avec cette multiplicité des courants et des études, le mot « sémiotique » devient polysémique. Il désigne à la fois toute forme signifiante, et aussi la théorie qui étudie le sens. Avec cette deuxième signification, la sémiotique présente une théorie et une méthodologie qui étudie le sens à l’aide de notions et de concepts rigoureusement élaborés.
      En effet, Greimas adopte cette deuxième signification puisque, en se basant sur la première, on peut considérer même la musique, l’image, le vêtement… etc. comme des sémiotiques comme ils produisent tous du sens. Alors, ce n’est plus une question du sens mais plutôt c’est le comment du sens  qui nous intéresse. C’est-à-dire expliquer comment le sens se construit. En fait, il s’agit de la notion de Forme du contenu propre à Hjelmslev. Ce n’est pas le contenu qui compte pour lui mais la façon dont est produit ce contenu. Il privilégie les conditions du sens. En dehors de ces conditions le sens n’existe pas.
      Ainsi, Greimas a fondé sa sémiotique sur ce principe de forme de contenu et sur trois autres principes.


I. principes et  postulats de la sémiotique :

   1- L’Immanence :
      Ce principe prend son origine de la linguistique saussurienne et dans la théorie du langage propre  à Hjelmslev. Il s’agit d’étudier les systèmes de signification en eux-mêmes et pour eux-mêmes en laissant de coté tout facteur extérieur (l’histoire, la géographie…). « C’est pourquoi l’analyse doit être immanente. Cela veut dire que la problématique définie par le travail sémiotique porte sur le fonctionnement textuel de la signification et non sur le rapport que le texte peut entretenir avec un référent externe »[8]

    2- le principe d’analyse structurale :
      Chez F. de Saussure, la notion de valeur indique que les éléments d’un texte (ou d’un discours) ne peuvent tenir de signification que par un jeu de relations d’opposition et de différence qu’ils entretiennent. Ces relations construisent, alors, la forme du contenu, on cherche à décrire la forme du sens non le sens lui-même.
    3- le principe de discours :
      Si la linguistique considère la phrase comme son objet d’étude, la sémiotique, par contre, dépasse ce cadre et elle choisit le discours comme étant objet d’étude. C’est pourquoi, on caractère la sémiotique comme textuelle à l’inverse de la linguistique qui est phrastique. Il ne s’agit pas nécessairement de l’oral puisque le discours ne présente pas forcément l’orale mais il peut être écrit aussi (le verbal/ non- verbal).
      Ce principe est la limite qui fait distinguer la sémiotique de la sémantique. Car cette dernière étudie le mot.



II Les niveaux d’analyse :
      La structuration du sens passe par des niveaux de profondeur (surface/ profond) que l’on désigne par Parcours Génératif du sens. Le niveau de surface comprend deux composantes : la composante narrative et la composante discursive. Avec la première, il est question de la succession des états et des transformations (l’être et le faire). La deuxième est concrète, elle comporte des acteurs qui remplissent des fonctions et des rôles.
      Au niveau profond, on parle de deux plans d’organisation :
  Les catégories sémantiques et les relations entre ces catégories. Par exemple entre venir et aller, c’est une relation de contrariété.           
  La composante des opérations qui font passer d’une catégorie sémantique à une autre : vie/mort, réussite/ échec.


 [1] Greimas, A, J. et Courtès, J. : Sémiotique : Dictionnaire raisonné de la théorie de langage, Paris, Hachette Université, Tome I, 1972

[2] Ibid.

[3] Todorov, T. et Ducrot, O. : Dictionnaire Encyclopédique des sciences de langages, Ed. Seuil, 1972, p113

[4] Kristeva, J. : Le Langage, Cet Inconnu, Paris, Ed. Seuil, Coll. Points, 1981, p292

[5] Dubois, J.  Dictionnaire de Linguistique, Paris, Ed. Librairie Larousse, 1973, p434

[6] Rey-Debove, J. Sémiotique, Paris, Ed. PUF, p129

[7] Saussure, F. Cours de Linguistique Générale, Paris, Payot, p33

1 Groupe D’Entrevernes, 1979 : Analyse Sémiotique des textes, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, p8

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

X
%d bloggers like this: